Spécifications du service aux points de passage des zones marines protégées
Les traversées de zones marines protégées (ZMP) nécessitent des technologies « sans tranchée » garantissant un impact environnemental minimal, une grande précision de tracé et un contrôle rigoureux de l’excavation. Les méthodes utilisées — microtunnelage, enfoncement de canalisations et Direct Pipe® — permettent de réaliser des canalisations depuis la terre ferme sans intervenir physiquement sur les fonds marins au sein de la zone protégée. Ce service est défini par les paramètres techniques suivants :
• Principales applications : Passages souterrains sous les zones AMP, les sites marins d'importance communautaire (SIC), les ZEPIM, les réserves côtières et les zones à sensibilité écologique particulière, destinés à l'installation de conduites de captage, d'émissaires, de retours, de lignes de traitement ou de services industriels sans impact direct sur l'écosystème marin.
• Méthodes de construction appropriées :
– Microtunnelier télécommandé: Idéal pour atteindre la zone ciblée sans creuser de tranchée au fond de la mer.
– Pose d'un tuyau: Pour les diamètres structurels et les tracés profonds dans des sols saturés.
– Tube direct: Pour la pose définitive de canalisations en acier en une seule poussée, avec une grande stabilité du front de poussée.
Le choix dépend du diamètre, de la portée, de la profondeur et des conditions environnementales.
• Raison environnementale justifiant le recours à des méthodes SANS tranchée : Le tunnel ou microtunnel est creusé depuis la surface, sans intervenir dans la masse d'eau, ce qui permet d'éviter toute perturbation de l'habitat, tout prélèvement de sédiments, toute formation de turbidité ou toute atteinte à la flore et à la faune protégées.
• Conditions du terrain et environnement côtier : Terres alluviales, sables saturés, limons et dépôts côtiers. Les éléments clés pris en compte sont les suivants : perméabilité, stabilité du front, pression hydrostatique, dynamique du littoral et compatibilité avec la préservation de l'écosystème.
• Géométrie, cotes et tracé : Le tracé est conçu pour atteindre des profondeurs suffisantes afin de garantir une séparation effective de l'écosystème marin, évitant ainsi tout impact sur les herbiers de Posidonie, zones de reproduction, récifs ou fonds marins fragiles.
• Diamètres et matériaux : Conduites en acier, en PEHD ou en béton pour les réseaux non accessibles. Pour les grands diamètres, on peut recourir à des tunnels accessibles revêtus de voussoirs.
• Longueurs typiques : De quelques dizaines à plusieurs centaines de mètres, selon la distance nécessaire pour traverser la zone protégée sans empiéter sur sa superficie.
• Exigences en matière de travaux de génie civil à terre : Puits ou plates-formes d'attaque situés en dehors des limites protégées, station de traitement des boues, équipements de pompage, accès pour les engins et zones de stockage et de soudage des canalisations.
• Intégration avec des ouvrages maritimes situés en dehors de la zone protégée : Le point de raccordement du microtunnel à la conduite sous-marine se situe dehors des limites de la zone protégée, vérifiées à l'aide d'un ROV ou par des plongeurs professionnels.
• Contrôle environnemental et réglementation :
– Respect des réglementations spécifiques à l’AMP et des évaluations environnementales préalables.
– Plans de surveillance environnementale pendant la phase d'exécution.
– Stratégies visant à réduire les émissions, la turbidité et les nuisances sonores.
• Contrôle et vérification de la qualité : Surveillance de la pression dans la chambre, des poussées, du guidage, du volume excavé et de l'alignement. Sur les chantiers maritimes, vérification finale par ROV du point de raccordement et de la stabilité de la conduite.